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Al Baas : L'ennemi de l'intérieur

Étiquette : Histoire

En géopolitique internationale, qu’est-ce que l’arc de crise ?

Si vous aimez les histoires d’espionnage et les polars politiques (ou simplement la géopolitique), vous avez sans doute déjà entendu parlé de l’arc de crise… Cette théorie est un concept géopolitique, comme celui de la guerre juste, que je vous ai déjà présenté sur ce blog. Celle-ci a été théorisée par le politologue américain Zbigniew Brzeziński en 1978, puis reprise dans les années 1980 par l’historien britannique Bernard Lewis.

Cartographie de la théorie de l'arc de crise
© Arte – Le dessous des cartes

Objectif : “Diviser pour mieux régner” sur le Moyen-Orient

La théorie de l’arc de crise repose sur un postulat simple : alors que le monde est plongé en pleine guerre froide, de grandes puissances politiques émergent au Moyen-Orient, que ce soit la Libye de Kadhadi, l’Irak de Saddam Hussein, la Syrie d’Hafez El-Assad (le père de Bachar), l’Iran de Khomeini, ou encore les Moudjahidins d’Afghanistan ou l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) de Yasser Arafat. Pour le monde occidental, cela représente une menace.

Mais Brzeziński et Lewis vont offrir un moyen de contre-carrer cette menace aux Etats-Unis, puis à l’ensemble des pays occidentaux : en “balkanisant” le Moyen-Orient, il est possible de créer des petits États pétroliers qui seront plus facile à contrôler. Un peu comme les Émirats Arabes Unis, le Koweït ou le Qatar, qui se sont toujours montrés très dociles envers les velléités américaines ou européennes.

C’est alors que cette théorie va déboucher sur plusieurs décennies d’interventionnisme militaire et politique dans cette région de la part de l’Occident, que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Libye, ou en Syrie.

La théorie de l’arc de crise va rapidement être reprise à son compte par la France

Le concept de l’arc de crise va en effet rapidement dépassé les frontières des Etats-Unis, où il a été inventé. Israël, tout d’abord, va reprendre cette théorie à son compte dans le Plan Yinon, en 1982.

Cette notion va également faire son apparition en France dans le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale de 2008. Mais, du côté de l’Hexagone, cet “arc de crise” va légèrement se décaler vers l’Est (et vers l’Afrique) puisque la définition française le situera dans le Sahel, plus qu’au Moyen-Orient : en France, l’arc de crise ira de la Mauritanie à l’Egypte, en passant par le Mali, l’Algérie, le Tchad ou le Niger. D’ailleurs, le nombre d’interventions militaires de l’Hexagone dans cette partie du monde montre bien que l’Armée française et la DGSE tentent bien de déstabiliser et de “balkaniser” ces États africains.

Carte de l'arc de crise
© Arte – Le dessous des cartes

Aujourd’hui, lorsqu’on additionne les conceptions américaine et française de cet arc de crise, on constate que celui-ci correspond à une zone assez large, qui comprend l’ensemble de ce que l’on appelle le monde arabo-musulman, de la Mauritanie à l’Afghanistan et au Pakistan.


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Qu’est-ce que le bahaïsme (ou foi bahá’ie) ?

Savez-vous ce qu’est-ce le bahaïsme ? (A ne pas confondre avec le baassisme). Également parfois appelé foi bahá’ie, il s’agit d’une confession religieuse, originaire d’Iran et, bien que quelque peu méconnu, qui compte tout de même entre 5 à 7 millions d’adeptes à travers le globe.

La dernière née des religions monothéistes

Elle est née au XIXème siècle en Iran. Bien après le judaïsme, le christianisme ou l’islam donc, ce qui fait d’elle la dernière née des religions monothéistes. Trois figures en sont à l’origine :

  • Mirza Ali Muhammad (1819-1850), surnommé le Bab, fonda le babisme, un courant chiite (l’une des deux branches de l’islam) convaincu de l’imminence de l’arrivée d’un messie, le mahdi, ou « guidé ».
  • Mirza Husayn Ali (1817-1892), frère du premier et lui-même membre de la secte babiste, se déclara en 1863 Baha u’llah, « splendeur de Dieu », le mahdi tant attendu. Ce dernier quitta l’Iran et alla prêcher sa bonne parole en Turquie, puis en Israël, ou il est enterré.
  • A sa mort, il désigna sont petit-fils Abdul Baha (1844-1921), le « serviteur de Baha », comme son successeur à la tête du mouvement. Celui-ci développa l’influence de la doctrine en Occident, de l’Europe à l’Amérique du Nord.

Doctrine et enseignement du bahaïsme

Étoile baha'ie
Symbole de la communauté Baha’ie

Les baha’is croient en un Dieu unique, créateur, omniscient et inaccessible, dont l’objectif est d’unir l’ensemble de l’humanité. Cette foi s’inscrit dans la continuité des révélations juive, chrétienne et musulmane, rajoutant au passage quelques principes nouveaux, comme l’égalité hommes-femmes, et la non-violence. Le bahaïsme a une vocation résolument universelle et fédératrice.

Cette religion s’appuie sur les nombreux écrits du Bab, ainsi que ceux du Baha ­u’llah (notamment le Kitab-i-Aqdas, le « livre le plus saint »).

Engagement international de la communauté bahá’ie

Les baha’is sont répandus dans 193 pays, et sont très actifs dans les communautés dans lesquelles ils vivent. Leur implication sociale et leurs actions de missionnaires leur ont d’ailleurs valu la reconnaissance internationale : en 1948, la Communauté Internationale Bahá’íe a en effet obtenu le statut d’ONG de la part de l’ONU (Organisation des Nations Unies), et entretient depuis des liens de travail étroits avec le Conseil économique et social, l’UNICEF (Fonds des Nations unies pour l’enfance), l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ou le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). 

Si l’on vous parle de cette religion sur ce blog, c’est parce qu’Elie Guemoun, l’un des personnages du roman Al Baas : l’ennemi de l’intérieur, est un adepte de cette religion bahá’ie. D’ailleurs, une discussion très instructive avec Parivash Ardei, Directrice de la Bibliothèque Baha’ie de France, m’a permis de constater que ce protagoniste est, en fait, assez loin de la réalité, et ne pourrait exister dans la vraie vie. En effet, les baha’is sont appelés à maintenir et à contribuer à la paix et à l’unité dans tous les pays dans lesquels ils vivent. Par conséquent, ils ne font pas de politiques partisanes et s’impliquent dans la société dans une démarche constructive, et non pas par l’opposition. Dans ces conditions, il est donc impossible pour un baha’i de se livrer à des activités d’espionnage. Madame Ardei m’a d’ailleurs également souligné par email que ce procès d’intention était très souvent retenu par certains détracteurs de la communauté Baha’ie. Les autorités iraniennes et yéménites retiennent ainsi souvent cette accusation d’espionnage pour condamner les baha’is à des peines de prisons, voire à des condamnations à mort.


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Parti Baas (ou Baath) : Qu’est-ce que c’est ?

Qu’ont en commun le conflit syrien, la guerre qui sévit actuellement au Yémen, la guerre du Liban et la guerre de Libye ? Et bien, ce sont toutes des guerres civiles, opposant différentes factions d’une même population arabe (à l’inverse d’autres conflits qui se sont déroulés dans le monde arabe, et qui impliquaient des puissances étrangères, comme le conflit Palestinien (Israël), la guerre d’Irak (Etats-Unis) ou d’Algérie (France)).

Depuis le XXème siècle, les habitants du Moyen-Orient n’ont cesser de se déchirer et de se combattre entre eux. Pourtant, les dirigeants du monde arabe n’ont pas toujours pensés qu’à se faire la guerre les uns aux autres, et un vent d’unité a déjà soufflé sur cette partie du monde. C’est ce que ce l’on appelle le “panarabisme” : un courant de pensée visant à unifier tous les peuples de langues ou de civilisation arabe. Et cette école a donné naissance à plusieurs doctrines politiques qui se sont développées dans l’après guerre :

  • le nassérisme, une doctrine panarabe portée par Nasser lors de son accession au pouvoir en Egypte en 1952
  • le baassisme, du nom du parti Baas, que nous allons développer dans cet article.

On pourrait également rajouter dans cette liste la tentative infructueuse de Kadhafi de créer, en 1971, une Union des Républiques Arabes avec l’Egypte et la Syrie (fédération qui ne verra finalement jamais le jour).

Doctrine et idéologie du Baassisme

Parti Baas
Logo du Parti Baas

Le parti Baas (ou Baath) naît au lendemain de la seconde guerre mondiale (1947) à Damas (Syrie). A ce moment-là, le monde arabe se retrouve alors très divisé sur le plan confessionnel : face à un islam très majoritaire, plusieurs millions de chrétiens vivent alors au Moyen-Orient (les coptes en Egypte, ou les Maronites au Liban, pour ne citer qu’eux). Deux arabes de confessions différentes, Michel Aflaq, chrétien, et Salah al-Dine al-Bitar, musulman, décident donc de créer une nouvelle formation politique dont l’objectif est de dépasser ses clivages et de fonder une grande nation arabe “laïque”, regroupant tous les peuples arabes, qu’ils soient musulmans, chrétiens, ou athées. Ce nouveau parti choisit alors comme devise « Unité, Liberté, Socialisme » (Unité faisant clairement référence à cette dimension panarabe).

Accession au pouvoir, en Irak, en Syrie et ailleurs

Originaire de Syrie, le Baassisme a ensuite fait des émules dans l’ensemble du monde arabe, puisque des “antennes locales” se sont créés au Liban, en Jordanie, au Yémen, au Soudan, et à Bahreïn. Mais les seuls pays dans lesquels le parti Baas a réussi à accéder au pouvoir restent la Syrie (sa contrée d’origine) et l’Irak, dans les années 1960. Celui-ci a été porté respectivement par Hafez El-Assad (le père du célèbre Bachar El-Assad) et par (le non moins célèbre) Saddam Hussein qui prennent le contrôle de leur pays en 1963 et 1968. Mais, même dans ces 2 pays, l’idéologie rassembleuse et unitaire d’origine ne sera jamais appliquée. Le parti Baas ne deviendra qu’un instrument de pouvoir, qui permit à Saddam Hussein et aux El-Assad père et fils d’asseoir leur autorité sur leur nations. D’ailleurs, les deux régimes, qui étaient pourtant à l’origine l’émanation d’une même doctrine, finirent par prendre leurs distances l’un envers l’autre. Damas et Bagdad rompirent même tout contact, et les partis Baas syrien et irakien finirent pas être considérés comme deux courants politiques totalement différents.


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