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Al Baas : Lennemi de lintérieur

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Étiquette : espion

Le renseignement technologique est le nouveau nerf de la guerre

Le 19 septembre dernier, Huawei annonçait le Mate 30 et le Mate 30 Pro, ses deux nouveaux smartphones utilisant Hongmen, le système d’exploitation “maison” de la firme chinoise. Cela est la conséquence de la guerre commerciale que se livrent la Chine et les Etats-Unis, qui a obligé le fabricant asiatique à se passer d’Android, l’OS de Google. Si je vous en parle ici, c’est parce que cette anecdote reflète en effet l’importance de le renseignement technologique sur la marche du monde.

Car on entend souvent que les sanctions américaines à l’égard du fabricant chinois ne sont que commerciales ou politiques. Il n’en est rien. En réalité, tout commence par une histoire d’espionnage.

Huawei est sur la liste noire de la NSA depuis des années

Les services de renseignements américains ont l’entreprise chinoise dans le collimateur depuis des années. Ils craignaient que celle-ci utilisent ses terminaux pour espionner les citoyens des Etats-Unis. L’ancien agent Edward Snowden a même révélé que la NSA avait lancé une vaste opération de piratage contre l’entreprise asiatique en 2010.

Alors pourquoi cette paranoïa ? Premièrement, le fondateur d’Huawei est un ancien officier de l’armée chinoise, ce qui pouvait laisser craindre une certaine connivence avec le gouvernement. Deuxièmement, l’entreprise n’est pas qu’un constructeur de smartphones : il est aussi un fabricant de câbles sous-marins reliant certains pays d’Afrique et du Moyen-Orient à l’internet mondial. Les données transitant par ces fibres optiques revêtaient donc une importance stratégique pour la Maison Blanche, tant on sait à quel point ces régions du monde comprennent de “cibles de haute priorité” pour le Pentagone.

En matière de renseignements, l’échange d’informations et le jeu des alliances sont de mise

Dans ses opérations de collecte des données du web (comme le fameux programme PRISM) ou d’opérations de piratage ciblées, les États-Unis ne font pas cavalier seul. Ils sont notamment aidés par les services de renseignements britanniques, canadiens, australiens et néo-zélandais. Ces cinq pays (États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande) font en effet partie des “five eyes”. Selon les termes de cette alliance, les pays collaborent en terme de renseignements et ne s’espionnent pas les uns les autres. D’ailleurs, la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a été arrêtée en 2018 au Canada, sur demande de l’administration Trump.

Bref, si je vous ai souvent parlé du renseignement humain sur ce blog, le renseignement technique est aussi très important et, comme cet article le montre, l’espionnage est aussi technologique. Il convient donc d’apporter une attention toute particulière à nos données et à leur protection.

Sources :

La Savoie, terre de polars et d’espions

Mêler un Savoyard à une affaire de terrorisme, dans le climat des attentats de 2015, voila qui n’est pas banal” écrivait Pierre Dompnier le 1er novembre 2018 dans La Maurienne à propos de mon roman Al Baas. Et faire venir des agents des renseignements français jusqu’en Savoie ne l’est pas non plus… Quoique…

Ces derniers mois nous ont rappelé que mon polar n’était pas si loin de la réalité. Les Pays de Savoie, et plus particulièrement la Haute-Savoie, seraient un véritable nid d’espion. Et ça ne date pas d’aujourd’hui.

Des espions tueurs russes à Annemasse, Evian et Chamonix entre 2014 et 2018

Le Monde a récemment révélé une affaire d’espionnage digne des plus grands polars : une quinzaine d’officiers du renseignements militaires russes (le GRU) auraient séjourné régulièrement dans les villes d’Annemasse, d’Evian de Chamonix et d’autres bourgs de la région entre 2014 et 2018.

Ceux-ci auraient même fait de la Haute-Savoie une base arrière pour leurs opérations clandestines. Car ils faisaient partie d’une unité spécialisée dans les assassinats ciblés, appelée 29155. Au moins l’un de ces tueurs du Kremlin aurait participé à la tentative d’empoisonnement de Sergueï Skripal (lui-même ex-membre du GRU) en 2018.

Des Alpes, les agents russes allaient et venaient dans toute l’Europe, profitant de la localisation centrale de la Haute-Savoie. Ils se seraient rendus en Bulgarie et dans d’autres pays depuis leur camp de base haut-savoyard.

Un ancien officier de la DGSE assassiné par balles au bord du Lac Léman en 2019

Quelques mois avant les révélations de la présence de ces espions russes dans la région, la Haute-Savoie avait déjà fait parler d’elle en matière d’espionnage. En mars 2019, un ancien officier du Service Action de la DGSE, Daniel Forestier, avait été retrouvé criblé de balles dans le massif de Voirons. Il avait été soupçonné d’avoir fomenté l’assassinat d’un opposant politique congolais, Denis Sassou-Nguesso quelques mois auparavant (septembre 2018). Bien qu’il fut finalement relaxé, cette zone d’ombre laissait entrevoir un possible règlement de compte. Une piste kazakhe sera également évoquée.

Pourtant, depuis qu’il avait quitté les services de renseignements, l’homme menait une petite vie paisible. Il vivait à Lucinges, où il avait tenu un bar-tabac. Il avait même été conseiller municipal et occupait son temps libre en écrivant des polars. Il était en effet l’auteur de plusieurs romans d’espionnage, inspirés de son passé et dont l’intrigue se passait, là aussi, en Savoie.

L’espionnage en Savoie, une riche histoire

Mais on n’a pas attendu l’année 2019 pour voir des histoires d’espionnage dans les pays de Savoie. Au Moyen-âge déjà, le Duché de Savoie était un enjeu géostratégique. En raison de sa localisation, toutes les voies de communications entre les Royaumes d’Italie et la France (courrier, marchandises, personnes) y transitaient et les cours d’Europe voulaient y avoir des yeux et des oreilles.

Pendant les deux guerres mondiales, la région de Genève (et sa partie savoyarde) ont toujours été un “terrain de chasse fertile” pour les espions, en raison de sa position centrale, située entre la Suisse restée neutre et la France et l’Italie, alliés puis ennemis. Le 14 juillet 1916, Max Oès, un espion suisse, est arrêté en gare d’Annemasse. Dans les années 1940, pendant l’Occupation allemande, les abords du Lac Léman et la Haute-Savoie étaient un haut lieu de la résistance, notamment de le massif des Glières.

Cet article traite d’un thème ou d’un sujet abordé dans un roman d’espionnage Al Baas : L’ennemi de l’intérieur. Découvrez ce polar

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Renseignements : la France est-elle préparée pour la “guerre économique” ?

L’espionnage industriel fait partie des prérogatives de tous les services secrets et des agences de renseignements (intérieurs et extérieurs), de la NSA américaine à la DGSE française. On entend moins parlé à la télé ou dans les journaux que l’espionnage militaire ou diplomatique. Peut-être parce qu’il n’y a pas de “James Bond des affaires”, ni de polars sur des espions industriels (cela pourrait d’ailleurs être une idée pour une “suite” d’Al Baas : l’ennemi de l’intérieur). Et pourtant, cela existe.

Espionnage industriel et guerre économique

À l’heure où le libéralisme a transformé le monde bi-polaire de la Guerre Froide en un monde globalisé, où le dollar a autant de pouvoir (si ce n’est plus) que la Kalachnikov, la question que l’on est en droit de se poser est la suivante : la France est-elle armée pour cette guerre d’un nouveau genre ?

À priori, non.

Ce ne sont pas les exemples qui vont dans ce sens qui manquent… Les deux plus marquants (en tout cas, ceux que j’ai vu passé récemment) sont peut-être deux vidéos de la chaîne Youtube Thinkerview (un peu longues, je vous l’accorde, mais très intéressantes) : l’une montrant comment la France a “perdu” Alstom face aux Américains, l’autre expliquant en quoi la DGSE est mal outillé pour l’espionnage financier.

Comment Alstom est passé sous pavillon américain sans que la France n’y voit que du feu

Frédéric Pierucci est un ancien haut responsable d’Alstom qui a été arrêté aux États-Unis en avril 2013. Sous couvert de l’extraterritorialité du droit américain (les lois états-uniennes s’appliquent à toutes les entreprises étrangères qui utilisent le dollar américain), le Département de la Justice l’accuse de corruption. Le français est soupçonné d’être impliqué dans une affaire de pots-de-vins lorsqu’il dirigeait la filiale d’Alstom en Indonésie (les faits reprochés remontent alors déjà à quelques années).

L’ex-dirigeant d’entreprise va alors subir un véritable calvaire judiciaire. Il passe 25 mois en prison, dans différents quartiers de haute sécurité, sans que son employeur, Alstom, ou son pays, le gouvernement français, ne bougent le petit doigt pour l’aider. “Oui mais bon, ce n’est qu’une affaire d’acharnement judiciaire”, me diriez-vous ? En fait, pas tout à fait.

Pendant que la machine judiciaire tentait de broyer Frédéric Pierucci, les américains de General Electric rachetaient le fleuron industriel francais Alstom. Simple coïncidence ? Pas pour lui. Selon le français, tout ceci a été orchestré de concert par le Département de la Justice et la NSA. Il n’hésite pas à pointer du doigt la véritable arme qu’est l’extraterritorialité du droit américain pour les Etats-Unis en terme de guerre économique.

Mais plus que la victoire de Washington, c’est aussi la défaite de Paris que pointe Frédéric Pierucci. En effet, selon lui, seul Arnaud Montebourg avait compris ce qui était réellement en train de se jouer. Aucun autre membre du gouvernement français n’avait vu, imaginé (ou voulu voir), une quelconque corrélation entre la captivité d’un ancien haut dirigeant d’une entreprise française, et le rachat de celle-ci par une entreprise américaine.

Voici la vidéo en question. L’interview dure 2 heures 15, mais elle est riche en enseignements.

Et si cela vous intéresse, Frédéric Pierucci se confie également dans un livre, Le Piège Américain.

Dans la lutte contre l’évasion fiscale, les lanceurs d’alertes sont laissés bien seuls

Il y a quelques jours, Thinkerview a posté une nouvelle interview (sa vidéo de la rentrée) au titre évocateur “DGSE : L’impuissance de l’État” dans laquelle la chaîne Youtube donne la parole à Maxime Renahy. Ce français a travaillé pendant des années dans la finance à Jersey. Cette petite île, située dans entre l’Angleterre et Saint-Malo, est reconnue comme l’un des paradis fiscaux les plus actifs d’Europe. Pendant des mois, il a ainsi rendu possible l’évasion fiscale de grandes entreprises françaises ou de riches contribuables. Jusqu’au jour où il décide de “passer du bon côté” et contacte de lui-même la DGSE pour leur livrer les secrets et les informations compromettantes auxquels il a accès.

Maxime Renahy est sans concessions sur le monde de la finance, et des avocats ou banquiers qui travaillent dans ces paradis fiscaux. Il dénonce également comment une poignée de privilégiés, grandes fortunes ou patrons d’entreprises, sont prêts à tout pour ne pas payer d’impôts. C’était d’ailleurs pour combattre cela qu’il avait choisi de collaborer avec la DGSE (à titre gracieux – il n’a jamais demandé un seul centime pour cela).

Mais surtout, il pointe du doigt certaines collusions que ce monde des affaires peut avoir au sein de la classe politique. C’est notamment sa seconde expérience qui lui a permis de se rendre compte que cela, lorsqu’il travaillait au Luxembourg. Là-bas, il a eut accès à certaines informations sur quelques grands médias. Cela lui a notamment permis de révéler, avec le journaliste d’investigation Denis Robert, l’évasion fiscale qu’opère NextRadioTV, la maison-mère de BFMTV et RMC. Une enquête publiée il y a quelques temps et qui n’a (presque) été repris par aucun médias “mainstream”. Un silence qui interroge, d’autant plus que Pierre Drahi, le milliardaire qui possède NextRadioTV, aurait, pour certains, quelques connexions avec le pouvoir et Emmanuel Macron.

Bref, vous pouvez regarder l’entretien de Maxime Renahy avec Thinkerview ci-dessous, ou retrouver plus d’informations dans son livre Là où est l’argent.

Vous l’aurez compris, la France ne semble pas vraiment armée pour lutter avec les grandes puissances étrangères sur le terrain de la guerre économique et de l’espionnage industriel. Mais heureusement, ses agences de renseignements sont meilleures lorsqu’il s’agit de contre-terrorisme. Pour vous en convaincre, suivez les tribulations d’un agent de la DGSE lors d’une enquête passionnante dans le roman Al Baas : l’ennemi de l’intérieur. Et si vous n’êtes pas convaincu en lisant le résumé, faites-vous votre propre idée en découvrant le 1er chapitre gratuitement.