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Al Baas : L'ennemi de l'intérieur

Étiquette : dgse

Renseignements : la France est-elle préparée pour la “guerre économique” ?

L’espionnage industriel fait partie des prérogatives de tous les services secrets et des agences de renseignements (intérieurs et extérieurs), de la NSA américaine à la DGSE française. On entend moins parlé à la télé ou dans les journaux que l’espionnage militaire ou diplomatique. Peut-être parce qu’il n’y a pas de “James Bond des affaires”, ni de polars sur des espions industriels (cela pourrait d’ailleurs être une idée pour une “suite” d’Al Baas : l’ennemi de l’intérieur). Et pourtant, cela existe.

Espionnage industriel et guerre économique

À l’heure où le libéralisme a transformé le monde bi-polaire de la Guerre Froide en un monde globalisé, où le dollar a autant de pouvoir (si ce n’est plus) que la Kalachnikov, la question que l’on est en droit de se poser est la suivante : la France est-elle armée pour cette guerre d’un nouveau genre ?

À priori, non.

Ce ne sont pas les exemples qui vont dans ce sens qui manquent… Les deux plus marquants (en tout cas, ceux que j’ai vu passé récemment) sont peut-être deux vidéos de la chaîne Youtube Thinkerview (un peu longues, je vous l’accorde, mais très intéressantes) : l’une montrant comment la France a “perdu” Alstom face aux Américains, l’autre expliquant en quoi la DGSE est mal outillé pour l’espionnage financier.

Comment Alstom est passé sous pavillon américain sans que la France n’y voit que du feu

Frédéric Pierucci est un ancien haut responsable d’Alstom qui a été arrêté aux États-Unis en avril 2013. Sous couvert de l’extraterritorialité du droit américain (les lois états-uniennes s’appliquent à toutes les entreprises étrangères qui utilisent le dollar américain), le Département de la Justice l’accuse de corruption. Le français est soupçonné d’être impliqué dans une affaire de pots-de-vins lorsqu’il dirigeait la filiale d’Alstom en Indonésie (les faits reprochés remontent alors déjà à quelques années).

L’ex-dirigeant d’entreprise va alors subir un véritable calvaire judiciaire. Il passe 25 mois en prison, dans différents quartiers de haute sécurité, sans que son employeur, Alstom, ou son pays, le gouvernement français, ne bougent le petit doigt pour l’aider. “Oui mais bon, ce n’est qu’une affaire d’acharnement judiciaire”, me diriez-vous ? En fait, pas tout à fait.

Pendant que la machine judiciaire tentait de broyer Frédéric Pierucci, les américains de General Electric rachetaient le fleuron industriel francais Alstom. Simple coïncidence ? Pas pour lui. Selon le français, tout ceci a été orchestré de concert par le Département de la Justice et la NSA. Il n’hésite pas à pointer du doigt la véritable arme qu’est l’extraterritorialité du droit américain pour les Etats-Unis en terme de guerre économique.

Mais plus que la victoire de Washington, c’est aussi la défaite de Paris que pointe Frédéric Pierucci. En effet, selon lui, seul Arnaud Montebourg avait compris ce qui était réellement en train de se jouer. Aucun autre membre du gouvernement français n’avait vu, imaginé (ou voulu voir), une quelconque corrélation entre la captivité d’un ancien haut dirigeant d’une entreprise française, et le rachat de celle-ci par une entreprise américaine.

Voici la vidéo en question. L’interview dure 2 heures 15, mais elle est riche en enseignements.

Et si cela vous intéresse, Frédéric Pierucci se confie également dans un livre, Le Piège Américain.

Dans la lutte contre l’évasion fiscale, les lanceurs d’alertes sont laissés bien seuls

Il y a quelques jours, Thinkerview a posté une nouvelle interview (sa vidéo de la rentrée) au titre évocateur “DGSE : L’impuissance de l’État” dans laquelle la chaîne Youtube donne la parole à Maxime Renahy. Ce français a travaillé pendant des années dans la finance à Jersey. Cette petite île, située dans entre l’Angleterre et Saint-Malo, est reconnue comme l’un des paradis fiscaux les plus actifs d’Europe. Pendant des mois, il a ainsi rendu possible l’évasion fiscale de grandes entreprises françaises ou de riches contribuables. Jusqu’au jour où il décide de “passer du bon côté” et contacte de lui-même la DGSE pour leur livrer les secrets et les informations compromettantes auxquels il a accès.

Maxime Renahy est sans concessions sur le monde de la finance, et des avocats ou banquiers qui travaillent dans ces paradis fiscaux. Il dénonce également comment une poignée de privilégiés, grandes fortunes ou patrons d’entreprises, sont prêts à tout pour ne pas payer d’impôts. C’était d’ailleurs pour combattre cela qu’il avait choisi de collaborer avec la DGSE (à titre gracieux – il n’a jamais demandé un seul centime pour cela).

Mais surtout, il pointe du doigt certaines collusions que ce monde des affaires peut avoir au sein de la classe politique. C’est notamment sa seconde expérience qui lui a permis de se rendre compte que cela, lorsqu’il travaillait au Luxembourg. Là-bas, il a eut accès à certaines informations sur quelques grands médias. Cela lui a notamment permis de révéler, avec le journaliste d’investigation Denis Robert, l’évasion fiscale qu’opère NextRadioTV, la maison-mère de BFMTV et RMC. Une enquête publiée il y a quelques temps et qui n’a (presque) été repris par aucun médias “mainstream”. Un silence qui interroge, d’autant plus que Pierre Drahi, le milliardaire qui possède NextRadioTV, aurait, pour certains, quelques connexions avec le pouvoir et Emmanuel Macron.

Bref, vous pouvez regarder l’entretien de Maxime Renahy avec Thinkerview ci-dessous, ou retrouver plus d’informations dans son livre Là où est l’argent.

Vous l’aurez compris, la France ne semble pas vraiment armée pour lutter avec les grandes puissances étrangères sur le terrain de la guerre économique et de l’espionnage industriel. Mais heureusement, ses agences de renseignements sont meilleures lorsqu’il s’agit de contre-terrorisme. Pour vous en convaincre, suivez les tribulations d’un agent de la DGSE lors d’une enquête passionnante dans le roman Al Baas : l’ennemi de l’intérieur. Et si vous n’êtes pas convaincu en lisant le résumé, faites-vous votre propre idée en découvrant le 1er chapitre gratuitement.

En géopolitique internationale, qu’est-ce que l’arc de crise ?

Si vous aimez les histoires d’espionnage et les polars politiques (ou simplement la géopolitique), vous avez sans doute déjà entendu parlé de l’arc de crise… Cette théorie est un concept géopolitique, comme celui de la guerre juste, que je vous ai déjà présenté sur ce blog. Celle-ci a été théorisée par le politologue américain Zbigniew Brzeziński en 1978, puis reprise dans les années 1980 par l’historien britannique Bernard Lewis.

Cartographie de la théorie de l'arc de crise
© Arte – Le dessous des cartes

Objectif : “Diviser pour mieux régner” sur le Moyen-Orient

La théorie de l’arc de crise repose sur un postulat simple : alors que le monde est plongé en pleine guerre froide, de grandes puissances politiques émergent au Moyen-Orient, que ce soit la Libye de Kadhadi, l’Irak de Saddam Hussein, la Syrie d’Hafez El-Assad (le père de Bachar), l’Iran de Khomeini, ou encore les Moudjahidins d’Afghanistan ou l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) de Yasser Arafat. Pour le monde occidental, cela représente une menace.

Mais Brzeziński et Lewis vont offrir un moyen de contre-carrer cette menace aux Etats-Unis, puis à l’ensemble des pays occidentaux : en “balkanisant” le Moyen-Orient, il est possible de créer des petits États pétroliers qui seront plus facile à contrôler. Un peu comme les Émirats Arabes Unis, le Koweït ou le Qatar, qui se sont toujours montrés très dociles envers les velléités américaines ou européennes.

C’est alors que cette théorie va déboucher sur plusieurs décennies d’interventionnisme militaire et politique dans cette région de la part de l’Occident, que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Libye, ou en Syrie.

La théorie de l’arc de crise va rapidement être reprise à son compte par la France

Le concept de l’arc de crise va en effet rapidement dépassé les frontières des Etats-Unis, où il a été inventé. Israël, tout d’abord, va reprendre cette théorie à son compte dans le Plan Yinon, en 1982.

Cette notion va également faire son apparition en France dans le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale de 2008. Mais, du côté de l’Hexagone, cet “arc de crise” va légèrement se décaler vers l’Est (et vers l’Afrique) puisque la définition française le situera dans le Sahel, plus qu’au Moyen-Orient : en France, l’arc de crise ira de la Mauritanie à l’Egypte, en passant par le Mali, l’Algérie, le Tchad ou le Niger. D’ailleurs, le nombre d’interventions militaires de l’Hexagone dans cette partie du monde montre bien que l’Armée française et la DGSE tentent bien de déstabiliser et de “balkaniser” ces États africains.

Carte de l'arc de crise
© Arte – Le dessous des cartes

Aujourd’hui, lorsqu’on additionne les conceptions américaine et française de cet arc de crise, on constate que celui-ci correspond à une zone assez large, qui comprend l’ensemble de ce que l’on appelle le monde arabo-musulman, de la Mauritanie à l’Afghanistan et au Pakistan.


Cet article traite d’un thème ou d’un sujet abordé dans un roman d’espionnage Al Baas : L’ennemi de l’intérieur. Découvrez ce polar

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Al Baas : un Homeland “à la française” ?

Dans la veine du bureau des légendes et autres Homeland. – Feura, le 11 Juillet 2018

Beau mélange entre roman rappelant homeland et roman érotique. – Diallo N., le 12 août 2018

Certains commentaires et avis des lecteurs de mon roman Al Baas n’ont pas manqué de comparer ce polar avec la célèbre série TV Homeland. Et je dois avouer que cette comparaison me va droit au cœur. Je suis en effet un grand fan de ce programme, et je l’avoue, celui-ci m’a clairement inspiré pour la rédaction de mon livre.

La série Homeland a été une source d’inspiration pour la rédaction du polar Al Baas

Homeland raconte l’histoire de Carrie Mathison, une agente de la CIA, qui enquête sur Nicholas Brody, un ancien soldat retenu prisonnier en Irak, qu’elle pense être un “ennemi de l’intérieur”. Un peu comme Marc Delmat, officier de la DGSE, traque, lui aussi, ce qu’il pense être un “ennemi de l’intérieur” pour la République Française dans le polar Al Baas.

D’ailleurs, l’inspiration ne s’arrête pas là. Dans Homeland, les services secrets américains recherchent également la trace d’un haut dignitaire d’Al Qaïda : Abu Nazir. Et bien, lorsque, dans mon roman, j’ai dû imaginer un seigneur de guerre du Front Al Nosra, lié à Al Qaïda (voir Comprendre le conflit syrien en 2 minutes pour en savoir plus sur ce groupuscule), mon imagination m’a emmené à créer un personnage qui soit physiquement le sosie du Abu Nazir de Homeland. D’ailleurs, les traits physiques de mon protagoniste ne sont pas les seuls à être inspirés de celui de la série TV, puisqu’il en est un “presque homonyme” : je l’ai en effet nommé Abou Nazeer (même nom, mais orthographié différemment).

Photo d'Abu Nazir, dans la série Homeland
Le terroriste Abu Nazir dans Homeland

Cela vous a donné envie de lire, ou simplement d’en savoir plus, sur Al Baas, ce roman que certains lecteurs comparent à Homeland ? Alors, découvrez la bande-annonce de ce polar.

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