Il y’a t-il des James Bond ou des Jason Bourne au sein de la DGSE ?

Dans Al Baas : l’ennemi de l’intérieur, il est question de la DGSE ; ce roman racontant l’enquête de Marc Delmat, un officier des renseignements extérieurs. Pourtant, si vous l’avez lu (pour les autres, vous pouvez rattraper votre retard ici), vous vous êtes sûrement rendus compte que le quotidien de cet “agent secret” français est bien loin de celui dont les aventures ont été portés au grand écran. D’où l’idée de cet article : est-ce que des “espions” tels que Jason Bourne ou James Bond auraient-ils pu travailler avec Marc Delmat, au sein de la DGSE ?

La réponse à cette question est assurément non !

Bien que je suis loin d’avoir la prétention d’avoir su retranscrire très fidèlement le quotidien des “agents secrets” français dans mon roman (cela reste une fiction, et les personnages doivent rester au service de l’intrigue, et non l’inverse), je me suis quand même énormément documenté sur le quotidien des agents de la DGSE pour l’écriture de mon polar. Et ces recherches me permettent justement de pouvoir répondre à cette question.

James Bond, le plus célèbre espion

Tout d’abord définissons ce qu’est un agent de la DGSE.

En fait, le terme d’agent est trop souvent employé maladroitement pour désigner tous les employés de la DGSE (ou d’autres agences de renseignements comme la CIA, le MI6, Mossad ou la BND). En réalité, tous les employés de ces services ne portent pas le titre d’agents.

Ce terme agent ne désigne en fait que les personnes en mission d’infiltration à l’étranger. Un peu comme dans les films, quoi. A la différence près que ceux-ci ne conduisent pas des voitures de sport, ne couchent pas avec des espionnes étrangères et ne sont même pas armés (pour la plupart). Les armes des agents de la DGSE ne sont pas les gadgets technologiques, leur capacités athlétique ou leur sex-appeal : ils font usage davantage de leurs connaissances géopolitiques, linguistiques ou techniques. En somme, l’arme d’une agent est bien plus intellectuelle que physique.

Mais, la plupart des employés des services de renseignements ne sont pas des agents. Les “officiers” et les “analystes” forment en effet la grande majorité des rangs de la DGSE, et qui ne pas sévissent, eux, depuis l’étranger.

Les officiers, aussi appelés “officiers traitants”, sont basés à Paris, et ont pour principales missions de recruter des sources, et d’analyser et de faire remonter les informations que celles-ci leurs donnent. Il s’agit là du renseignement humain, l’une des deux sources de renseignements dont dispose les services secrets français, avec le renseignement technique.

C’est justement dans ce second corps, le renseignement technique, que l’on retrouve les “analystes”. Ceux-ci sont bien souvent des geeks qui utilisent tous les moyens technologiques possibles pour trouver les informations nécessaires à la réussite d’une mission ou le maintien de la sécurité nationale.

Locaux de la DGSE, situé Boulevard Mortier, à Paris.

Photo prise dans les bureaux de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), les services secrets français, le 4 Juin 2015. AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

La DGSE recrute des capacités intellectuelles, plutôt que capacités physiques.

Dans la vraie vie, pas celle d’Hollywood, les agences de renseignements du monde entier recherchent des monsieur et madame “tout le monde”, capable de se fondre dans la masse, pas des super-héros. Pour avoir des yeux de partout, la DGSE (et les autres) doivent s’immerger dans toutes les cultures, et gérer des sources dans tous les pays. C’est pour cela que celle-ci a besoin, par exemple, d’avoir en son sein des agents ou officiers qui soient capables de parler toutes les langues. Etre polyglotte est donc la première qualité de l’agent. Et dans certains cas, la maîtrise d’une langue précise peut pousser la DGSE à recruter des linguistes reconnus. C’est notamment le cas dans Al Baas : l’ennemi de l’intérieur lorsque Marc Delmat recrute, pour sa mission, Elie Guemoun, un libanais, parce qu’il parle l’araméen, un dialecte qui compte peu de locuteurs.

La DGSE souhaite recruter des expertises, pas des soldats. Ainsi, les renseignements extérieurs vont chercher à enrôler des personnes qui, non seulement parle la langue des sujets qu’ils doivent analyser, mais qui ont également une habileté technique (dans un domaine en particulier, ou dans un produit ou logiciel défini) ou une connaissance géopolitique reconnue, sur une région d’une monde ou une population étrangère.

Enfin, si elle compte en son sein quelques militaires, ou anciens militaires, rappelons que la majeure partie de l’effectif de la DGSE sont des civils, pas nécessairement formés aux techniques de combat ou aux armes à feu. Les quelques anciens soldats qui rejoignent les rangs des services secrets sont intégrés au Service Action, une colonne militaire directement rattaché au Service de Renseignements Extérieurs et qui forme le bras armée de la DGSE.

Vous l’aurez compris, il y a peu de chances de croiser le sosie de James Bond ou de Jason Bourne parmi ce que l’on appelle “nos” espions. Et pourtant, même sans cela, la DGSE reste l’une des meilleures agence d’espionnage du monde. Mais c’est peut-être parce qu’il y a également peu de chances de croiser un OSS 117, et que nos agents secrets prennent leur mission un peu plus au sérieux que Jean Dujardin dans ce rôle !

Sébastien Mayoux oeuvre sur le web depuis quelques années. Auteur du roman Al Baas, il a également contribué sur plusieurs blogs spécialisés dans le marketing numérique et les médias sociaux, et a également créé le site d'information parodique Le Connard Enchaîné.

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Un commentaire sur “Il y’a t-il des James Bond ou des Jason Bourne au sein de la DGSE ?
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  2. […] DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) vient de faire une révélation surprenante sur ce qu’on appelle déjà l’Affaire […]

  3. […] pense être un “ennemi de l’intérieur”. Un peu comme Marc Delmat, officier de la DGSE, traque, lui aussi, ce qu’il pense être un “ennemi de l’intérieur” pour […]

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