Quel bilan pour la guerre en Syrie?

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L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG, vient de publier un bilan de la guerre civile Syrienne. Ce rapport est riche d’enseignements et nous apprend des choses intéressantes, que je vais détailler dans cet article.

Le conflit a tué l’équivalent de la cinquième ville française.

Si l’on s’en tient au chiffre, depuis son début, la guerre en Syrie a tué un peu plus que l’équivalent de la population d’une ville comme Nice. En effet, d’après l’OSDH, au moins 370 000 personnes ont ainsi perdu la vie dans ce conflit (à titre de comparaison, Nice a 342 522 habitants).

Parmi ces victimes, le tiers ne sont ni des djihadistes de l’Etat Islamique, ni des militaires de l’armée syrienne ou des combattants rebelles ou kurdes. Non, 112 623 personnes sont des civils, dont plus de 21 000 enfants et 13 000 femmes

Les civils sont les premières victimes de la guerre civile en Syrie
Depuis le début, la guerre en Syrie a tué 112 623 civils, dont 21 000 enfants et 13 000 femmes

Pour chaque djihadiste tué, deux civils ont péri.

Autre chose qui saute aux yeux lorsqu’on lit les chiffres communiqués par l’OSDH : cette supposée guerre contre le terrorisme (rappelons que la coalition internationale est intervenue en Syrie afin de combattre l’Etat Islamique) n’a tué “que” 66 000 djihadistes (ce chiffre prend en compte à la fois les membres de Daech, et ceux d’Al Qaïda)…

66 000 djihadistes pour 112 623 civils

Soit un rapport d’un pour deux. Chaque mort d’un membre de l’Etat Islamique ou d’Al Qaïda aura donc pratiquement coûté 2 morts civils. Bon, okay, ce calcul est un peu simpliste, mais cela montre bien qu’il n’y a pas de guerre propre (et sûrement pas de guerre juste non plus).

Au passage, on constate qu’il n’y a pas eu forcément beaucoup plus de morts du côté des forces rebelles et kurdes (67 000) que de djihadistes (66 000). Chez les combattants (hors civils), les plus grosses pertes ont été enregistré du côté du régime syrien, avec 125 000 victimes.

L’intervention de la coalition internationale pose question.

Ces chiffres (notamment l’énorme proportion de civils parmi les victimes recensées) font écho à l’intervention de François-Régis Legrier, un colonel de l’Armée Française, qui a récemment prit la plume dans la rubrique Opinions de la Revue Défense Nationale, afin d’exprimer son point de vue sur la bataille de Hajin dans le gouvernorat de Deir ez-Zor en Syrie (Opération Chammal). Dans cet article, il questionne plus largement l’ensemble de l’action militaire de la coalition anti-Daech, qui, en refusant toute intervention au sol, a conduit les armées occidentales à détruire (inutilement) des infrastructures de la région. Une partie des 112 623 civils tués par ce conflit font donc également partie de ces dommages collatéraux.

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L’Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG, vient de publier un bilan de la guerre civile Syrienne, depuis ses débuts en 2011.
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Al Baas
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Sébastien Mayoux oeuvre sur le web depuis quelques années. Auteur du roman Al Baas, il a également contribué sur plusieurs blogs spécialisés dans le marketing numérique et les médias sociaux, et a également créé le site d'information parodique Le Connard Enchaîné.